Les États-Unis interdiront les programmes automobiles chinois pour des soupçons d’espionnage.

Les États-Unis interdiront les programmes automobiles chinois pour des soupçons d’espionnage.

9 hardware

La Chine et les États-Unis détruisent le marché automobile

En réponse aux tensions entre la Chine et les États‑Unis, les autorités américaines ont imposé des droits d’importation ultra-élevés sur les voitures chinoises. La vente de ces véhicules aux États‑Unis semble désormais presque non rentable pour le consommateur moyen. Mais ce n’est que le début.

À partir du 17 mars, les régulateurs prévoient d’interdire tout produit logiciel créé en Chine et connecté à des services cloud étrangers s’il est utilisé dans des voitures vendues sur le marché américain. Cela concerne à la fois les systèmes d’aide active au conducteur (ADAS) et les plateformes de communication embarquées, qui seront réglementées à partir de 2029.

Pourquoi c’est important
Les véhicules modernes sont équipés de caméras, microphones, systèmes GPS et de connexions vers des serveurs externes. Par ces canaux, il est possible de collecter des données détaillées sur la localisation, le son intérieur du véhicule et même les informations personnelles des passagers. Si le logiciel est développé en Chine, il peut automatiquement transmettre ces renseignements aux nuages du pays ennemi.

Les constructeurs automobiles américains devront prouver qu’aucun des systèmes électroniques de leurs véhicules n’est contrôlé par un logiciel chinois ou une entreprise située à l’extérieur. Cette règle s’applique également aux voitures avec des actionnaires partiels en Chine – elles seront soumises aux mêmes critères d’évaluation.

La deuxième vague de «remplacement d’importations»
Cette initiative poursuit le programme lancé en 2023, lorsque les États‑Unis cherchaient à réduire leur dépendance vis-à-vis des semi-conducteurs chinois. L’attention se tourne désormais vers le logiciel, qui est tout aussi critique pour les véhicules modernes.

De nombreuses entreprises développent et fabriquent l’ensemble de l’écosystème embarqué (des capteurs jusqu’à l’interface utilisateur) en Chine. Cependant, en raison de chaînes d’approvisionnement complexes, il peut être difficile de déterminer la source exacte du logiciel, et les développeurs ne révèlent généralement pas le code source pour des raisons de compétitivité.

Ce que cela signifie pour les constructeurs automobiles
Réinstaller le logiciel sur un équipement existant est pratiquement impossible : chaque système est conçu pour des capteurs et une architecture spécifiques. Un remplacement pourrait entraîner des risques pour la sécurité routière si celui‑ci est initié par un fournisseur non autorisé.

On s’attend à ce que les régulateurs offrent des allégements temporaires, mais il existe une exception : le code chinois peut être utilisé jusqu’au 17 mars, uniquement s’il a été fourni sous la direction d’une société sans liens chinois.

Réaction du secteur
Les changements ont déjà poussé les développeurs mondiaux à déplacer leurs employés hors de Chine et à rechercher des partenaires occidentaux. Les plus grands conglomérats chinois doivent réévaluer leurs participations dans des entreprises étrangères.

Un exemple est le fabricant italien de pneus Pirelli : ses pneus «intelligents» se connectent aux services cloud, et son actionnaire majoritaire est le conglomérat chinois Sinochem. L’entreprise négocie actuellement la réduction de la participation chinoise à 34 % ou la séparation de son activité américaine.

Le gagnant inattendu
La start‑up américaine Eagle Wireless s’est retrouvée parmi les principaux bénéficiaires. L’année dernière, elle a acquis le code source du plus grand développeur mondial de logiciels automobiles, ce qui lui permet de s’adapter rapidement aux nouvelles exigences et d’offrir des solutions entièrement conformes aux normes américaines.

Ainsi, la lutte pour contrôler l’infrastructure technologique des véhicules se poursuivra, et les constructeurs devront réévaluer leurs chaînes d’approvisionnement et leurs écosystèmes logiciels en réponse aux nouvelles règles.

Commentaires (0)

Partagez votre avis — merci de rester courtois et dans le sujet.

Pas encore de commentaires. Laissez un commentaire et partagez votre avis !

Pour laisser un commentaire, connectez-vous.

Connectez-vous pour commenter